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L'archive du mois

Un marché à Rillieux

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L'archive présentée ce mois est une affiche municipale annonçant l'établissement d'un marché hebdomadaire le jeudi dans la commune de Rillieux.

Conseil municipal, maire, préfet, qui prend la décision ?

De nos jours, c'est au conseil municipal que revient la décision de création, transfert ou suppression de marchés communaux selon l'article L2224-18 du Code général des collectivités territoriales. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi. En effet, on peut constater sur cette affiche que la décision première revient au préfet de l'Ain.

La création de ce marché est autorisée par un arrêté préfectoral sur une demande du conseil municipal formulée en mai 1853 et renouvelée l'année suivante. Une délibération du conseil municipal et un arrêté du maire en définissent ensuite les modalités.

Pourquoi un marché à Rillieux ?

Pas de besoins pressants avant 1853

Il s'agit du tout premier marché présent sur le territoire de Rillieux depuis la création de la commune en 1790. On peut trouver dans les registres des délibérations plusieurs séances dans lesquelles est abordé le sujet d'un marché ou d'une foire locale. Il était alors question de donner seulement un avis sur sa tenue dans un lieu proche tel que Saint-Clair à Caluire, Miribel ou Bressolles. Il s'avère que jusqu'à cette date, les Rilliards n'ont pas éprouvé le besoin d'avoir un marché sur leur commune puisqu'ils avaient la Ville de Lyon à proximité immédiate pour écouler leurs productions.

Des nouveautés dans la commune justifiant la demande

Comme expliqué dans les trois archives présentées, l'une des raisons principales est l'ouverture de la route de grande communication traversant Rillieux et reliant Lyon à Bourg, la future Route nationale 83. Pour l'administration municipale et les instance préfectorales, la proximité avec Lyon et ce qui en découle concernant l'ampleur des traversées de la commune justifient également l'établissement de ce marché.

Notons également qu'est exclue la vente de bestiaux. Celle-ci est très règlementée et fait l'objet, encore aujourd'hui, d'un contrôle drastique de la part des autorités.

Une affiche publicitaire

Cet affichage doit être visible de tous les habitants. Il s'agit en effet d'un des rares moyens de communication à cette époque ; de quoi faire peur aux plus connectés d'entre nous aujourd'hui. Et puis, il est aussi question de faire une plus grande publicité afin d'attirer un nombre important de clients pour l'ouverture de ce marché hebdomadaire.

Son coût, indiqué dans une délibération du 25 mars 1855, s'élève à 55 francs. Il faut bien veiller à ne pas faire de comparaisons trop hâtives avec les valeurs actuelles. Sachant qu'une journée de travail pour un ouvrier peu qualifié en 1850 est rémunérée de 2 francs à 2,50 francs, le coût de ces affiches représente donc une somme importante. Cela équivaut environ à 22 ou 27 journées de travail.

En annexes

Vous pourrez aussi lire les deux arrêtés en détail, celui du préfet d'abord, puis celui du maire qui vient en application du premier.