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Pour aller plus loin... (version courte)

Cette lettre conservée aux Archives a été écrite par un médecin qui a soigné des habitants de notre commune atteints du choléra.

Elle nous rappelle qu’avant 1860, les Savoyards n’étaient pas Français. C’est en effet en 1860 que la Savoie (actuelle Savoie et Haute-Savoie), ainsi que le Comté de Nice, sont rattachés à la France. Ce médecin espère donc devenir Français en récompense des services rendus à la population touchée par une épidémie.

Mais… pourquoi une épidémie de choléra s’est-elle déclarée à Rillieux au milieu du dix-neuvième siècle ?

C’est en raison de la construction de la ligne de chemin de fer Lyon-Genève que le choléra frappe notre commune au milieu du dix-neuvième siècle. Il n’est alors pas prévu que le train s’arrête à Rillieux : les rails sont installés pour que la ligne de chemin de fer traverse la commune sans arrêt.

Tout débute en 1854, quand sont prononcés les jugements d’expropriation pour cause d’utilité publique de propriétaires rilliards, en faveur de la Compagnie du Chemin de fer de Lyon à Genève.

Une épidémie de choléra se déclare parmi les ouvriers travaillant sur le chantier du chemin de fer, et Rillieux n’a pas été la seule commune touchée lors des travaux de construction des voies ferrées en France.

L’épidémie est attribuée par les médecins à une nourriture malsaine et aux mauvaises conditions d’hygiène subies par les ouvriers terrassiers du chantier, qui sont si mauvaises que  « les ouvriers aimoient mieux coucher sur la route en plein air que dans leurs lits » relève un rapport.

 

Pour stopper l’épidémie, la solution préconisée est de fermer les chantiers et de renvoyer les ouvriers, malgré « des conséquences fâcheuses, jetant sur les pavés un grand nombre d’ouvriers, la plupart étrangers et qui n’ont d’autres ressources que leur travail ».

 

Mais le choléra se répand ensuite dans le village. Le Préfet de l’Ain suit la situation rilliarde de très près. Il exige que le maire lui envoie un rapport quotidien, et vient apprécier la situation sur place. Des Rilliards meurent, des enfants restent orphelins.

 

Les Sœurs du Bon Secours sont envoyées pour soigner les malades. Un « charlatan » provoque l’émotion dans le village en prétendant que les malades sont en fait «empoisonnés par la médecine». Il recommande aux Rilliards de refuser les médicaments, mais il est rapidement empêché de propager ces fausses informations.

 

L’épidémie est finalement enrayée.

Dans les années qui suivent, l’impact du chemin de fer est heureusement plus positif pour la commune.

 

Les Archives conservent d’autres documents relatifs à cette épidémie : correspondance, ordonnances…